Monday, December 24, 2007

De la Prédictibilité du Tgv Show

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ADDED BY SHADOW AT : Sunday, December 30, 2007 - 8:00 PM

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Rarement une consultation populaire a autant déchaîné la passion dans l'histoire de Madagascar que les municipales de ce 12.12.07. Et incontestablement, le rendez-vous électoral à Antananarivo-Renivohitra a cristallisé les attentions de la majorité des observateurs [illustrations : 1, 2, 3, 4 ; 5], occultant sensiblement ce qui s'est passé dans les 1,500 et quelques autres circonscriptions électorales. Selon les commentaires des uns [exemple], la victoire de Tgv est un vote sanction à l'encontre du parti au pouvoir Tim. Mais une sanction pour quelle raison, surtout quand nous voyons qu'en l'espace d'un an, le Tim a fait élire à la magistrature suprême son candidat dès le premier tour, a fait passer au référendum des amendements constitutionnels avec un taux d'acceptation de plus de 75% et n'a laissé aux législatives que des miettes à l'opposition (sans compter les indépendants d'obédiance Tim, le parti présidentiel a obtenu 105 sièges sur les 127 que compte l'hemicycle, dont surtout la totalité des 12 sièges de la Capitale). Quant aux réflexions des autres, cette victoire est le fait non pas d'un choix de raison mais de coeur et relève d'un vote kamikaze et donc suicidaire à l'égard des actions de développement qui auraient été engagées auparavant. Que dire de ceux, comme l'un [cf. ici] des zéros virgules de ce 12.12.07, qui soutiennent que le choix populaire est versatile et que la population n'a pas le niveau nécessaire pour vivre la démocratie ? Ces interprétations vont dans le sens de l'irrationalité du comportement de l'électorat tananarivien et ce d'autant plus que ce serait assez logique de dire qu'une élection de proximité n'a pas d'enjeu politique national, que les préoccupations locales diffèrent des problèmes publics émergeants et appelés à être inscrits sur l'agenda de responsables nationaux.
Et là sera l'objet du présent post : essayer de déceler une rationnalité dans le comportement des électeurs. En cela, nous essaierons de voir du côté de la boîte à outils politologiques pour savoir si un modèle peut-être invoqué car l'une des fonctions d'un modèle (en science économique comme en science politique) est généralement de servir d'intrument pour rendre un événement prédictible. Nous pouvons alors poser en filigrane la question si le séisme était prévisible ou non.
I. Le modèle d'élections intermédiaires comme outil de lecture
En fait, la connexion entre élections aux enjeux a priori différents a été modélisée par les politistes à travers le modèle d'élections intermédiaires de J.-L. Parodi [1983]. Au début esquissé pour les mid-terms elections aux Usa, puis retravaillé aux premières élections européennnes et aux élections dans les Länder en Allemange, le modèle d'élections intermédiaires est souvent présent parmi les instruments d'analyses en matière de sociologie électorale dans la plupart des démocraties historiquement bien ancrées [cf. par exemple E. Dupoirier : 2004] et est relativisé selon des logiques propres à chaque contexte. L'idée du modèle d'élections intermédiaires est d'identifier dans quelles conditions des élections baptisées intermédiaires s'ajustent avec des enjeux nationaux, en affligeant à des politiques nationaux un vote saction.
I. A. Les contours d'un modèle ...
Les élections intermédaires peuvent prendre différentes natures (même un référendum, sous certaines conditions, pourrait être classé parmi les consultations intermédaires), mais l'important est qu'elles se distinguent des élections décisives qui attribuent le pouvoir central (comme les présidentielles). Dans ces termes, il s'agit surtout d'élections focalisées sur des circonscriptions électorales délimitées et donc d'élections locales. A partir de là, il faut identifier les variables qui permettent d'évaluer l'autonomie du local par rapport au national, c'est-à-dire leur degré de localisme. Et généralement, trois variables de localisme sont déterminantes. Primo, il y a l'identité ou la distinction du système local de partis et de force politique en comparaison avec le système national. Si, sur le plan local, l'organisation du rapport de force est différente de celle prédominante sur le le plan national, le localisme sera plus marqué dans le comportement électoral. Secundo, il y a la personnalisation locale du scrutin. Une popularité (positive ou négative) élevée des personnalités locales amoindrit l'ajustement de l'élection locale avec le national. Et tertio, il y a la perception des enjeux locaux. Si ces derniers présentent un caractère facilement perceptibles et non diffus ni illisible, le localisme sera fort et l'élection locale aura un ajustement avec le national très faible.
A côté de la combinaison de ces variables de localisme, l'autre pillier du modèle d'élections intermédaires est la popularité positive ou négative du pouvoir exécutif national. Si tous les trois variables correspondent à un renforcement du localisme (différence du système de parti, forte personnalisation locale et enjeux locaux perceptibles), quelque soit la popularité de l'exécutif national, une déconnexion maximale sera constatée entre l'élection locale et l'enjeu national. Même si les trois variables de localisme dictent un localisme minimal (identité du système de partis, faible personnalisation locale et peu d'enjeux locaux), la popularité positive des dirigeants nationaux attenue la connexion entre local et national. Cette situation est qualifiée d'élections intermédiaires dégouvernementalisées. Enfin, si la combinaison des trois variables de localisme va dans le sens d'un faible degré de localisme et est associée à une impopularité (popularité négative) de l'exécutif national, il faut s'attendre à une logique des élections intermédaires et donc d'un vote santion.
I. B. ... qui s'illustre à travers le séisme du 12.12.07
En partant de ces considérations théoriques, nous pouvons dire que les élections municipales, notamment celle à Antananarivo de ce 12.12.07 présentent une combinaison de variables de localisme tendant vers un localisme minimal. La sociologie des partis à Madagascar [cf. infra] fait que cette variable a peu d'influence au sein du modèle. Toutefois, nous pouvons dire que la stratégie électorale du Tim, seul parti à avoir une envergure nationale parmi les protagonistes du 12.12.07 à Antananarivo a fortement nationalisé les enjeux. Au niveau de l'organisation, nous avons assisté à une impressionante implication des cadres nationaux du Tim (à travers par exemple le système de coaching assuré par des ministres, ...). Le summum de cette implication a été l'intervention même du fondateur du Tim [cf. L'Express]. Au niveau des idées véhiculées, la mise en avant par le Tim d'un impérieux alignement de la politique municipale avec le Map (une stratégie de développement national) va dans le sens de la nationalisation des enjeux des municipales. Secundo, pour ce qui est de la personnalité des deux principaux candidats en compétition, nous reparlerons un peu plus loin du cas de A. Rajoelina. Quant à H. Rafalimanana du Tim, le fait qu'il soit un Tiko boy (qui est passé du Tiko Group appartenant au Président au parti Tim) ne lui a pas forcément conféré une stature de grosse pointure locale du Tim malgré ses quelques mois à la tête de la maire de la Commune Urbaine d'Antananarivo (Cua). Bref, en termes de personnalisation locale de la compétition comme pour la première variable, les faits nous éloignent du localisme.
Tertio, en ce qui concerne les enjeux locaux, la réalité des pratiques de la décentralisation à Madagascar fait que la place et le rôle du maire ne sont pas facilement appréhendés. Bien sûr, Madagascar a une tradition de plusieurs décennies d'institution communale (depuis l'Ordonnance N°60-096 du 24 août 960 instaurant les Communes), mais il a fallu attendre la IIIè République pour que le principe de libre administration des collectivités décentralisées, dont les Communes, soit consacré [Article 127 de la Constitution dans sa version originelle du 18 septembre 1992]. Et malgré l'arsenal juridique de la décentralisation, constitué au milieu des années 90's [avec les Lois N°93-005 ; 94-001 ; 94-006 ; 94-007 ; 94-008 ; 94-009 ; 94-010], les transfets de ressources et de compétences en direction des Communes sont loin d'être effectués. Le Programme National de Décentralisation et de Déconcentration - PN2D qui encadre ces transferts en application de la Lettre de Politique de Décentralisation et de Déconcentration - LP2D de décembre 2005 commence à peine à être mis en oeuvre (et non sans peine) et ne produira d'effets tangibles que dans une optique de moyen terme vu qu'il s'étale jusqu'en 2015 (d'ailleurs, le gros des transferts sera réalisé dans ses Phase 2 à partir de 2009 et Phase 3 à partir de 2012). En somme, pour que les enjeux locaux prennent le pas sur les enjeux nationaux, il faudrait d'abord que les compétences locales soient effectives et conséquentes et il faudrait un certain temps aux électeurs pour les assimiler et les intégrer dans leur système de représentation et de perception.
Reste dans notre argumentation, la question de la popularité négative ou positive de l'exécutif national. A défaut de l'établissement régulier à Madagascar de baromètre de popularité des hommes politiques (comme ce qui se fait dans d'autres pays), il faudrait que nous recourions à d'autres instruments pour appréhender cette popularité. Pour ce faire, il arrive que les politistes sortent le concept de cycle électoral : avec une dégradation progressive de la cote en partant de l'état de grâce des premiers mois, les difficultés des années charnières du mandat et l'éventuelle remontée à la fin de celui-ci grâce à une relativisation du jugement porté sur l'exécutif (selon la comparaison avec l'alternative proposée par l'opposition). La prise en compte de ce cycle et un bref coup d'oeil sur les résultats des derniers scrutins [Référendum du 04.04.07 où le Oui a gagné à 65% à Antananarivo-Renivohitra ; Législatives du 23.09.07 où le Tim a trusté 12 sièges sur 12 dans la Capitale] pourraient nous amener à dire que la cote de l'exécutif national est très élevée dans la Capitale. Cela dit, ce qui importe dans le modèle d'élections intermédiaires, c'est plus le degré de mécontentement que la place dans le cycle électoral [cf. J.-L. Parodi : 2004 ; p. 535]. De plus pour les deux derniers scrutins qui ont vu une victoire écrasante du Tim à Antananarivo (et dans l'ensemble de l'île), un paramètre important est à tenir en compte : le taux d'abstention qui a culminé aux alentours de 70% lors de ces deux scrutins dans la Capitale. Pour ne pas s'aventurer sur les significations de ce taux élevé, il faudrait des enquêtes statistiques qui ne sont pas disponibles pour l'instant. Mais celles effectuées dans un passé assez récent peuvent quand même nous donner quelques enseignements constants. Depuis des décennies, l'abstention est géographiquement la plus faible à Antananarivo [cf. M. Razafindrakoto, F. Roubaud : 2002 ; p. 33]. Ainsi, quand le taux d'abstention dépasse largement le record du genre dans la Capitale (50% au 2è tour des présidentielles de 1996) et est supérieur aux taux dans la plupart des autres circonscriptions, c'est déjà très révelateur. Surtout, il faut savoir que l'abstention dite critique est plus importante que l'abstention dite passive (empêchement pour aller voter, ...) dans l'explication du comportement abstentionniste qui suit une dynamique particulière dans la Capitale [cf. F. Roubaud : 2000 ; pp. 62-68]. Bref, nous pouvons dire qu'il y a eu avant le séisme de 12.12.07, une impopularité latente allant dans le sens d'une logique d'élections intermédiaires.
Une manière complémentaire de voir s'il y a mécontentement soutendant une logique d'élections intermédiaires est de recourir à d'approches plus économiques. Un vote sanction pourrait trouver son origine dans un bilan négatif de l'exécutif national. Evidemment que la perception des ménages et des électeurs de leur situation propre est subjective, mais il est difficile d'imaginer que ceux-ci jugent une amélioration de leur situation si la plupart des indicateurs ne vont pas dans ce sens. Et si nous évoquons les données macroéconomiques, il est clair que la situation n'est pas réluisante. Les données sur la gouvernance qui conditionne le développement se sont globalement détériorées entre 2003 et 2006 [cf. ici]. Entre 2003 et 2006, le Pib per capita (donnant une idée de l'évolution du revenu par habitant) a baissé de 0.84% en moyenne annuelle [Données Ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie]. Et ce qui est a probablement fait pencher la balance dans le comportement des électeurs tananariviens est que dans l'ambiance générale de faible progression en matière de réduction de la pauvreté [cf. notre analyse ici ou encore Unicef : 2007 qui classe Madagascar parmi les pays où il n'y a pas eu de progrès tangibles là-dessus], un phénomène inquiétant est apparu : l'urbanisation de la pauvreté se traduisant entre autres par la hausse de la pauvreté à Antananarivo entre 2001 et 2005 [cf. Undp : 2007 ; p. 9]. Avancer l'hypothèse d'une perception négative du bilan négatif de l'exécutif n'est donc pas anécdotique.
II. L'esquisse d'une logique tananarivienne spécifique
Le modèle d'élections intermédiaires peut obéir à des logiques multiples, il convient maintenant d'identifier s'il y en a une de spécifique pour l'électorat tananarivien. Deux autres composantes peuvent se greffer au modèle. Bien que Madagascar ait amorçé une transition politique vers la démocratie au début des années 90's [cf. par exemple F. Raison-Jourde : 1993], celle-ci se caractérise par d'importantes distorsions eu égard de schémas plus classiques.
II. A. Du prisme institutionnel
Ainsi avons-nous un retrécissement des arènes (des scènes où se négocient les compromis institutionnalisés et leur révision) et forums (des scènes où prédominent les débats autour du sens des politiques) politiques [cf. B. Jobert : 1999 ; pp. 125-133]. Cette situation empêche de facto une meilleure expression politique de la population qui n'a d'autres moyens que les élections pour participer à la vie politique. Comment se manifeste ce retrécissement ? Nous avons une double réponse dont la première a trait à une régulation factice de la vie politique. Ici le terme factice rejoint celui utilisé dans le sequential model of policy-making de C. O. Jones [1970] pour parler d'un débat public autour d'un problème, donc d'une prise de conscience de celui-ci mais qui n'est pas suivi de réel traitement. D'un côté, même si la censure a officiellement disparu des pratiques politiques à Madagascar depuis février 1989 [libéralisation formalisée ensuite par la Loi N°90-031 du 21 décembre 1990 sur la communication et constitutitonnalisée depuis 1992], les défaillances de l'encadrement juridique de la liberté de presse font que l'accès notamment aux médias publics est souvent soumis à l'arbitraire.
D'un autre côté, il importe de souligner que les mécanismes qui permettraient une démocratie participative dynamique font défaut. Prenons les participatory processes pour l'élaboration des stratégies de développement et de réduction de la pauvreté à travers le PRSP auparavant et le MAP depuis peu. Aucun dispositif ne permet de rendre compte dans quelle mesure les propositions de chaque acteur participant aux ateliers de consultation ont été prises en compte. Quant aux participants eux-mêmes, nous avons assisté à Madagascar à ce qui est qualifié de participation fatigue [cf. IMF, World Bank : 2002 ; p. 25] : en effet, si le secteur privé et les organisations de la société civile ont représenté 52.4% des participants durant les ateliers régionaux d'élaboration du PRSP, cette proportion est tombée à 30% dans les ateliers de suivi. Ces défaillances risquent de s'aggraver vu que les participatory processess sont même plus superficiels dans le MAP par rapport au PRSP si nous utilisons la grille de graduation de Mc Gee et al. [2000].
La deuxième manifestation du retrécissement des arènes et forums relève de ce que nous pouvons qualifier de transmutation de la régulation. C'est-à-dire que les policymakers (les responsables politiques) apportent des réponses pour réguler la vie démocratique mais que celles-ci dénaturent le problème et provoquent des effets pervers. Prenons l'exemple d'un amendement introduit par la dernière révision constitutionnelle [Loi Constitutionnelle N°2007-001 du 27 avril 2007], plus précisément l'article 33 (nouveau) qui stipule que : Le droit de grève est reconnu sans préjudicier au principe de continuité du service public ni aux besoins sécuritaires et fondamentaux de la Nation. L'ancien article disait que : Le droit de grève est reconnu et s'exerce dans les conditions fixées par la loi. Selon les explications [cf. ici] de certains membres du Comié préparatoire de la révision constitutionnelle, tel que E. Rakotoarisoa, l'introduction de conditions de fond dans l'exercice du droit de grève (continuité du service public, besoins sécuritaires et fondamentaux de la Nation) sert à remédier aux situations de 1991 et de 2002 où les fonctionnaires ont procédé à de longues grèves (de plusieurs mois), bloquant toute l'Administration, tout en continuant à percevoir leurs rémunérations. Ce qui relève d'une erreur d'appréciation fondamentale. L'arsenal juridique en vigueur permet déjà à l'Etat de surpasser les blocages des grèves de longue durée sans introduire de contraintes constitutionnelles qui affectent un droit fondamental. D'abord, les réquisitions [mesures rendues possibles depuis la Loi N°69-015 du 16 décembre 1969] peuvent être décidées pour assurer le fonctionnement des services publics. La réquisition est même possible pour les employés du secteur privé en cas d'abus du droit de grève portant atteinte à la santé, à la sécurité, à l'ordre publics [Article 229 de la Loi N°2003-044 du 28 juillet 2004 portant Code du Travail]. Ensuite, le Statut général des fonctionnaires [Loi N°2003-011 du 3 septembre 2003] consacre le principe de rémunération après service fait [article 27] : ce qui signifie que l'Etat a tout à fait le droit de suspendre l'octroi de rémunération durant les périodes de grève. La Haute Cour Constitutionnelle s'est même déjà prononcé positivement sur cette possibilité de suspension des soldes des fonctionnaires [Avis N°01-HCC/AV du 6 avril 2005]. En tout cas, la démarche malgache par la constitutionnalisation pour concilier le droit de grève et le fonctionnement de l'Administration n'a pas beaucoup de liens avec ceux des pays qui ont plus ou moins de succès là-dessus. Ailleurs [cf. L. Doré : 2005 ; pp. 885-917], la solution a passé par la clarification des termes services minimums que ce soit de façon extensive (Espagne, Italie, ...) ou restrictive (Canada, Grande Bretagne, ...) ; par l'instauration de dispositif de prévention de la grève (Allemagne, ...) ; ... mais pratiquement pas par une constitutionnalisation.
Nous partirons également des crises de 1991 et de 2002 pour évoquer des déséquilibres institutionnels majeurs dans l'exercice du pouvoir, ce qui renforce les effets pervers de la transmutation de la régulation. Il faut savoir que les longues grèves de 1991 et de 2002 sont en relation avec des aspirations populaires qui ne peuvent être satisfaites du fait de dysfonctionnement des institutions démocratiques (monopolisation des institutions représentatives sans aucune mesure avec les vrais rapports de force ; impossibilité de recours face à un système électoral permettant des fraudes massives ; ...). Au passage, soulignons le paradoxe de ceux qui soutiennent la constitutionnalisation de la limitation du droit de grève : J.-E. Rakotoarisoa a, en effet, écrit que les crises de 1991 et de 2002 relèvent bien de problèmes inhérents à la démocratie [cf. J.-E. Rakotoarisoa : 2002 ; pp. 15-25]. Pour éviter des crises semblables à celles-ci, il fallait revoir le fonctionnement de la démocratie ; imaginer des systèmes de représentation qui concilient au mieux l'élite politique et les rapports de force politique au niveau de la société, des systèmes d'exercice de pouvoir où des contre-pouvoirs peuvent travailler effectivement, ... Or, tout cela fait défaut surtout si nous analysons les nouveaux dispositifs constitutionnels sur la responsabilité du Chef de l'Etat. La logique constitutionnelle la plus largement partagée dans le monde veut qu'il y ait un principe d'irresponsabilité politique du Chef de l'Etat dans un régime parlementaire et inversement, sa responsabilité peut être engagée (à travers une motion d'empêchement, ....) dans un régime présidentiel. Sur ce plan, il y a un exceptionnalisme constitutionnel malgache [cf. Rajaona Andrianaivo Ravelona : 1998 ; p. 367]. Lorsque la Constitution (dans sa version originelle de 1992) tendait vers un régime parlementaire [cf. F. Julien-Laferrière : 1994 ; pp. 635-673], la responsabilité politique du Chef de l'Etat était plus facile à engager (en droit et en faits). Mais après les révisions de 1998 et surtout de 2007, la présidentialisation du régime est très nette avec par exemples l'article 54 sur la détermination de la politique générale de l'Etat ; l'article 100 sur la possibilité de légiférer par ordonnance en cas d'urgence (contexte à distinguer des situations d'exceptions que sont la situation d'urgence, l'état de nécessité, la loi martiale et qui sont déjà traitées par l'article 60). Ce n'est pas tant la préférence présidentialiste qui pose problème, mais c'est le durcissement (rendant pratiquement impossible en faits) des conditions de la mise en jeu de la responsabilité présidentielle comme l'association de la procédure d'empêchement aux seuls motifs d'incapacité physique ou mentale [Article 50] ; la nécessité d'une répétition de violation grave de la Constitution pour une mise en accusation devant la Haute Cour de Justice pouvant entraîner une déchéance [Article 126].
II. B. Et de la Recherche du Lahimatoan'Iarivo
Nous avons vu précédemment que le prisme institutionnel joue comme composante du modèle d'élections intermédaires s'il conditionne un retrécissement des arènes et forums et par conséquent s'il n'y a que les élections qui s'offrent à la population tananarivienne pour exprimer leur sentiment quant à la vie publique. Toutefois, il importe de dire qu'elle ne saisira pas toutes les élections pour basculer vers l'opposition. L'offre politique à Madagascar se caractérise, en effet, par un certain paradoxe qu'il convient de retracer. Historiquement, les groupements politiques (sociétés secrètes ou partis) ont une tradition d'environ un siècle à Madagascar, depuis les Vvs des années 1910's jusqu'aux formations récentes comme le Tim, Tgv, en passant les partis des années 40's tels que le Mdrm, Padesm ou encore les partis au début de l'indépendance à l'instar de l'Akfm, Psd. Le multipartisme (grâce entre autres à la Loi N°90-11 du 18 juillet 1990 portant ratification de l'Ordonnance N°90-001 du 9 mars 1990 portant régime général des partis ou organisations politiques) a conduit à une floraison impressionnante de partis (174 ont été dénombrés en 2006). Pour autant, la scène politique se caractérise par une extrême atomisation et une absence de principes structurants les oppositions des lignes idéologiques. De plus, les partis ont une très faible audience (en termes de ratios de sympathisans et surtout de ratios d'adhérents) au niveau de la population à cause surtout de sa méconnaissance (sur l'existence, l'activité, les orientations idéologiques, ...) de ces partis [cf. F. Roubaud : 2000 ; pp. 93-130]. La réussite électorale n'est pas forcément le fait des partis. Le vote sanction qui s'inscrit dans un modèle d'élections intermédiaires revêt ainsi un aspect particulier dans un pays dont la scène politique est dénuée d'une échelle du genre gauche-droite, conservateur-réformateur, ... En fait, il faudrait un Lahimatoa qui personnifie les aspirations populaires et surlequel se jettera l'électorat de la Capitale. Ici le terme Lahimatoa (pouvant être traduit littéralement : l'aîné) ne fait pas référence à une quelconque gérontocratie mais est à saisir dans un sens générique de leader. L'histoire politique de la Capitale est marquée par des leaders comme R. Andriamanjato, G.W. Razanamasy, N. Ratsirahonana, M. Ravalomanana qui ont successivement à une époque ou à une autre, fait preuve d'une formidable capacité de mobilisation populaire et exercé une domination électorale.
Une lecture croisée des données empiriques fournies essentiellement par la sociologie électorale des dernières années [cf. F. Roubaud : 1997 ; F. Roubaud : 2000 ; F. Roubaud : 2001 ; M. Razafindrakoto, F. Roubaud : 2002] permet de dégager le profil du Lahimatoa idéal. Bien que certaines des données datent d'une décennie, la relative stabilité des comportements électoraux dans le temps (par exemple la composante structurelle de la géographie de l'abstention est partiquement la même depuis les 5 voire 6 derniers scrutins présidentiels) permet d'avoir des enseignements constants. Les événements de 2002 (l'emergeance dans le monde politique du Tim, de son fondateur et de ses Tiko Boys) n'ont pas non plus amélioré l'image que les Malagasy ont des hommes politiques. Le discrédit de la classe politique persiste [cf J.-M. Wachsberger : 2007 ; p. 17]. Nous nous baserons alors sur des données de résultats électoraux (dans leur configuration spatiale), des enquêtes post-électoraux sur les motivations des comportements de l'électorat et des enquêtes d'opinion sur les attentes de la population vis-à-vis de la classe politique (faisant ressortir le profil-type de l'homme politique idéal) pour identifier quatre caractéristiques du Lahimatoa. L'origine régionale pourrait être l'une des caractéristiques du Lahimatoan'Iarivo. La dimension régionale a toujours été visible dans le comportement électoral même si elle s'est affaiblie ces dernières années. A noter que cet aspect régional ne doit pas êre confondu avec l'origine éthnique car l'hypothèse du vote éthnique est infirmée par les données empiriques. La qualité personnelle qui importe le plus pour les tananariviens et qui constitue notre deuxième caractéristique du Lahimatoa idéal est l'honnêteté. Ce choix (au détriment d'autres comme l'éloquence, ...) s'explique par la mauvaise image que dégagent, aux yeux de la population, les hommes politiques souvent associés à des motivations malsaines dans leur engagement politique. Comme troisième caractéristique, il y a compétences techniques que devrait avoir le Lahimatoa. Cette préférence au détriment des compétences plus politiques rejoint l'idée de rejet de l'homme politique classique. La réussite personnelle (dans les affaires privées ou publiques) constitue le symbole le plus important de ces compétences. Enfin, la dernière caractéristique est l'aspect homme-neuf que présente le Lahimatoa. Là encore, nous retrouvons la même logique de discrédit des hommes politiques des anciennes générations. Les jeunes dynamiques aux idées nouvelles récoltent de loin la préférence de l'électorat tananarivien que les anciens qui ont déjà de l'expérience.
Il s'avère que la candidature de A. Rajoelina répond à ces quatre caractéristiques, ce que ne peuvent pas prévaloir les candidats qui ont affronté le Tim à Antananarivo lors des dernières législatives du 23.09.07. Toutefois, ce serait trop réducteur d'avancer qu'il suffit de correspondre à ces caractéristiques pour être élu et valider le modèle d'élections intermédaires. Ceux qui ont marqué l'histoire électorale de la Capitale ont montré qu'ils ont tous une grande intelligence politique. Celle de A. Rajoelina s'appuie au moins sur deux éléments. D'abord, Tgv a su surfé sur les erreurs stratégiques du Tim. S'il y a un parti qui a innové en termes de politcal marketing et en a tiré des bénéfices à Madagascar, c'est bien le Tim (depuis les campagnes municipales de 1999 qui ont vu son fondateur triompher à Antananarivo) : en s'appuyant sur les sondages (parfois de grande envergure comme lors des présidentielles) ; en recourant à des spécialistes en relations avec les medias pour soigner l'image des candidats ; en utilisant les nouvelles technologies comme la mise en place de site internet (parmi les plus visités, notamment au niveau de la diaspora) ; ... Malgré tout, c'est peut-être aussi la non-maîtrise du political marketing qui est une des erreurs du Tim. Il est plus que probable que par le biais de sondages, les stratèges du Tim ont senti l'impopularité latente à Antananarivo du fait d'une perception négative de la situation économique (bilan des dirigeants). Pour y faire face, ils ont choisi d'être agressifs à l'égard de Tgv en faisant appel par exemples à l'oppo et dans une certaine mesure à la comparative advertising [cf. K. H. Jamieson : 2000]. Ces deux techniques du political marketing ont en commun de chercher des failles chez l'adversaire en se plaçant parfois sur le plan de l'attaque personnelle et en se basant sur le principe que le message négatif est plus facile à retenir (par l'électeur) que le positif [cf. R. R. Lau, L. Sigelman : 2000 ; pp. 10-43]. C'est dans ce cadre que s'inscrivent les idées véhiculées sur les fonds de campagne de Tgv, ... qui escomptent une image de la connivence de Tgv avec les anciens dirigeants, ce qui anéantirait l'image de l'homme-neuf et celle de l'homme-honnête (caractéristiques fondamentales du Lahimatoa). Mais ces techniques sont à double tranchant : même dans les pays où ces pratiques sont courantes et anciennes, certains électeurs ne les apprécient pas [cf. B. Pinkleton : 1998 ; pp. 24-36]. Et à Antananarivo, elles ont probablement provoqué les effets contraires à ceux attendus : les électeurs ont éprouvé de la sympathie pour la partie persecutée d'autant plus qu'il y avait des antécédents à savoir les différends sur les panneaux publicitaires entre les dirigeants de la Cua (Tim) et la société Injet (dirigée par A. Rajoelina).
Ensuite, l'une des marques d'intelligence politique de A. Rajoelina et de Tgv est qu'ils ont également tiré profit du political marketing. Dans la campagne de Tgv, nous retrouvons les techniques classiques de celebrating endorsments [cf. E. B. Zafer : 1999 ; pp. 291-314] en faisant appel à des stars du showbiz pour symboliser la campagne. La technique de Video Imaging (grâce à la chaîne Viva Tv) a constitué un atout bien exploité. Mais la grande réussite se trouve essentiellement dans le ciblage d'un segment particulier de la population : les jeunes. Cette option n'est pas la plus facile à mener car dans un contexte généralisé de désintérêt des choses politiques, ce sont les jeunes (des classes d'âge 18-24 ans et 25-34 ans) qui sont les moins intéressés par les affaires publiques [cf. J.-M. Wachsberger : 2007 ; p. 5]. Cela dit, ce sont ces catégories d'âges qui constituent le plus grand vivier d'électeurs si nous nous référons à la pyramide des âges à Madagascar [cf. Instat : 2005]. Par ailleurs, quand nous nous rendons compte que 85% des Malagasy (en général et non les tanatanariviens uniquement) ne croient pas aux promesses des hommes politiques [cf. J.-M. Wacgsberger : 2007 ; p. 10], ce serait peu pertinent d'avancer que l'attraction exercée par A. Rajoelina sur les jeunes s'explique par des promesses électorales. Par contre, ses succès dans les affaires (avec les sociétés Injet, Viva Tv, ...) cadrent très bien avec l'image que se font les tananariviens de la compétence [cf. supra notre 3è caractéristique du Lahimatoa]. Le fait que les activités de ses entreprises (communication, loisirs, ... ) touchent plus facilement les jeunes est un surplus indéniable. D'ailleurs, si le lancement de Viva Tv et Viva radio s'inscrivaient dans une perspective et stratégie électorales, c'était bien calculé. En effet, c'est la classe des jeunes de 25-34 ans qui présente le taux d'écoute des radios le plus élevé à Madagascar [cf. J.-M. Wachsberger : 2007 ; pp. 13-14].
En conclusion
Le séisme du 12.12.07 dans la Capitale correspond bien au modèle d' élections intermédiaires dit à handicap gouvernemental qui se traduit par un vote sanction. Les variables du localisme (dont notamment la faiblesse des enjeux locaux) font qu'il y a eu une forte articulation entre local et national lors de ces élections. Une impopularité latente (symbolisée par l'abstention singulière dans la Capitale lors des deux précédents scrutins et qui pourrait trouver son origine dans l'hypothèse de perception négative du bilan de l'exécutif) a prévalu pour compléter les conditions du modèle dans sa formulation standard. Il convient de noter que ce modèle peut revêtir une logique particulière pour le contexte tananarivien. Un paramètre à prendre en compte est le prisme constitutionnel qui retrécit les arènes et forums politiques à Madagascar. Dans ces conditions, le vote constitue le seul moyen de participation des Malagasy à la vie publique. Sous-estimer les différentes interprétations possibles du choix de la population à travers le vote reviendrait à un déni de démocratie. Enfin, un quatrième paramètre d'un modèle d'élections intermédiaires spécifique à Antananarivo est la recherche d'un Lahimatoa pour porter les aspirations des habitants de la Capitale. Celui-ci devrait adopter un political marketing intelligent pour s'imposer électoralement, même s'il présente toutes les caractéristiques mises en avant par les statistiques. A partir de là, le séisme du 12.12.07 est certes une défaite du Tim, mais c'est aussi et surtout une victoire de Tgv.
Dans tous les cas, ce qui s'est théâtralisé dans la circonscription d'Antananarivo est riche en enseignements et présente un certain nombre de points positifs. Les dispositions du droit sur l'effectivité de la décentralisation étant ce qu'elles sont, être maire à Madagascar signifie politiquement : être en liberté surveillée face à l'omnipotence du pouvoir central, surtout dans les configurations de cohabitation comme c'est le cas à Antananarivo. La durée relativement courte du mandat d'un maire (quatre ans contre cinq pour un parlementaire par exemple) rappelle facilement à celui-ci que le jugement populaire (par le biais des urnes) n'est jamais loin. Dans ces conditions, la victoire d'un parti jeune dans la Capitale de Madagascar ne devrait susciter de craintes quant à d'éventuelles risques d'aventurisme. Et malgré la présence du pouvoir central, si ce parti fait preuve d'ingéniosité et de créativité dans un contexte de règles de droit en plein chantier, sa réussite serait facilitée. Et ce d'autant plus qu'en termes d'attractivité (ressources humaines, potentiel économique, ...), la dotation de la Capitale est probablement la plus importante de l'île.
Par ailleurs, en mobilisant un segment particulier de la population, constitué par les jeunes, la victoire de Tgv dans la Capitale ne peut être que bénéfique pour la vie démocratique, parce que numériquement les plus importants, les jeunes sont jusque là les moins attirés par les affaires publiques. L'exemplarité de l'alternance sans accroc pourrait servir de laboratoire pour l'ensemble de Madagascar. Toujours dans la même ordre d'idée : ce serait intéressant dorénavant de voir, comment se comportera le Tim et la mouvance politique qu'il mène en basculant dans le camp de l'opposition.
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2 comments:

Rajiosy said...

analyse intéressante quoiqu'un peu longuet ! mais le problème n'est-il pas justement cet éternel recommencement ? miala an'ankatso dia ambohidempona - toujours à l'aventure sans une réflexion sur des solutions de continuité ? cet espoir toujours déçu en un lahimatoa messianique (honnête !) que Tana voudrait d'ailleurs imposer à tout Mada !

Shadow said...

Bonjour Rajiosy,

Je saisis de cette occasion pour illustrer ma réponse (assez tarvive et je m'en excuse) à une des questions (sur les relations théorie-empirisme) que vous m'avez posé dans le post sur la governance. Dans ce post, je suis parti d'approches théoriques pour interprêter la réalité. Et cela m'a amené à revoir les considérations théoriques pour les adapter au contexte tananarivien.

Pour revenir sur ce sujet, vous avez raison : il y a toujours un éternel recommencement.

Quant aux dangers de l'aventurisme, ils sont à relativiser selon le niveau que l'on analyse. Si l'on prend en considération le pouvoir national, les dangers de l'aventurisme sont à leur summum.

Par contre, pour le pouvoir municipal, ils sont à nuancer. Je ne vais pas faire de préjugement pour affirmer ou infirmer que le choix de A. Rajoelina relève de l'aventurisme. Il a la malchance et la chance de conduire une ville dans un contexte de décentralisation marquée par un flou institutionnel. Comme je l'ai dit, les chantiers de la décentralisation (transferts de compétences, de ressources, ...) s'étalent sur plusieurs années. Le côté malchance, c'est que les marges de manoeuvres d'un maire sont encore politiquement surveillées par le pouvoir central. Le côté chance, c'est qu'un maire qui fait preuve de beaucoup de créativité et d'ingéniosité (en jouant dans les règles de droit encore en construction) peut voir sa notoriété grandir.

Cela dit, vous avez aussi raison, le poids politique d'Antananarivo veut que le lahimatoan'Iarivo n'est pas un maire comme les autres.